Livre blanc : synthèse
Les membres du groupe constitué dans le cadre du projet eXpert ont
la responsabilité d’un patrimoine à la fois très étendu et extrêmement
diversifié. Nous en estimons la surface à 35 millions de m2, à
rapprocher de celles gérées par « General Service Administration » aux
USA (32 Mm2) et Senate Properties en Finlande (8 Mm2), souvent
cités en exemple pour leur engagement dans la promotion de l’usage des
IFC.
Ce groupe ouvert est actuellement composé des organismes, sociétés ou
collectivités suivantes : Administration des bâtiments publics du
Luxembourg représentée par le Centre de Recherche Public Henri Tudor ;
Aéroports de Lyon ; Airbus France ; ARTIES (Association des
Responsables Techniques Immobiliers de l'Enseignement Supérieur) ;
Conseil Régional de Bourgogne ; Conseil Régional Provence Alpes Côte
d’Azur ; Groupe Société Nationale Immobilière (1er bailleur locatif
Français) ; Ville de Paris (Direction du Patrimoine et de
l’Architecture).
LES ATTENTES
Pour ces maîtres d’ouvrage, l’interopérabilité n’est pas une fin en
soi mais seulement un moyen d’améliorer la qualité et la
fiabilité des informations sur le patrimoine. Le contrôle de
cette qualité est jugé essentiel mais difficile à mettre en
œuvre.
L’étude du NIST aux USA en 2004 a quantifié les coûts des défauts
d’interopérabilité et démontré que tous les acteurs ont intérêt à ce
que l’interopérabilité progresse et en particulier les gestionnaires de
patrimoine. Certains membres du groupe considèrent que ces conclusions
sont applicables en Europe mais une étude similaire dans le contexte
français serait la bienvenue.
Les maîtres d’ouvrage prennent la mesure de la difficulté de passer de
l’échange de plans qui est la règle aujourd’hui à la maquette
numérique. Un véritable saut culturel sans doute aussi
important que le passage de la planche à dessin au DAO. Plusieurs
membres du groupe s’accordent à penser que le véritable changement
viendra par la formation initiale. Ils comptent beaucoup sur
la formation des maîtres d’œuvre ; ils sont aussi conscients de leurs
faiblesses et expriment le besoin de formations spécifiques à la
maîtrise d’ouvrage.
Enfin, tous sont preneurs de retours d’expériences et d’une
mutualisation de leurs efforts pour promouvoir l’usage de la
maquette numérique. Absence de concurrence entre maîtres d’ouvrage,
besoin d’échanger et de partager leurs connaissances : les conditions
sont réunies pour que ce groupe perdure et s’élargisse selon une forme
à définir (club, collège de Mediaconstruct,…).
Ce qui motive les recommandations qui vont suivre s’appuie sur trois principes :
- La question n’est plus de savoir s’il faut utiliser les IFC mais de comment s’y prendre d’où les recommandations relatives à tout ce qui peut faciliter le passage à la pratique.
- « L’information sur l’ouvrage fait partie de l’ouvrage ». Cette formule en dit long sur l’importance que les maîtres d’ouvrage accordent à l’information. Leurs objectifs : obtenir une information fiable et de qualité et préserver leurs investissements dans la mise en place de systèmes d’information de patrimoine.
- L’union fait la force : un maître d’ouvrage isolé peut
difficilement influencer son environnement. Un regroupement comme celui
qui s’amorce dans le cadre du projet eXpert peut espérer avoir une
influence significative sur l’évolution des pratiques du secteur.
LES RECOMMANDATIONS
COMPREHENSION ET UTILISATION
- Produire de la documentation en français, en particulier celle qui est susceptible de faire partie des dossiers de consultation.
- Fournir des supports de vulgarisation à l’intention de différentes cibles : maîtres d'ouvrage, maîtres d'œuvre, élus,… Définir de façon claire et accessible ce que recouvre l’expression Maquette numérique et comment son usage va impacter les pratiques courantes.
- Communiquer sur les applications concrètes de la maquette numérique. Illustrer par des témoignages et des études de cas.
- Améliorer la qualité des imports/exports IFC et certifier les logiciels par des procédures plus rigoureuses et plus complètes.
-
NOUVELLES SPECIALITES ET NOUVELLE ORGANISATION
- Définir les rôles, droits et devoirs des différents intervenants vis-à-vis de la maquette numérique. Clarifier les aspects juridiques et les responsabilités relatives à la production et à l’utilisation de l’information.
- Identifier de nouvelles prestations liées à la production et à l’utilisation des maquettes numériques. Formaliser les compétences et qualifications correspondantes.
-
SPECIFICATIONS ET CONTROLE DES LIVRABLES IFC
- Définir un cahier des charges pour la livraison d’une maquette numérique aux différents stades d’une opération (esquisse, APS, APD, réception de l’ouvrage).
- Spécifier le contenu d’un Dossier des Ouvrages Exécutés en mode objet au format IFC.
- Mettre au point des procédures de réception et de contrôle.
- Le Référentiel Général d’Interopérabilité contient actuellement une recommandation à l’utilisation des IFC : transformer cette recommandation en obligation dans les conditions à définir comme, par exemple, le montant de l’opération.
-
COUTS ET BENEFICES
- Faire progresser la connaissance sur les incidences des défauts d’interopérabilité en engageant des études sur le modèle de celle du NIST en 2004.
- Démontrer la viabilité économique de l’approche maquette numérique pour le maître d’ouvrage.
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ACTIONS
- Engager des opérations pilotes, de préférence de petite taille. Plus aisément reproductibles, elles contribueront à disséminer largement les pratiques émergentes sur tout le territoire.
- Accompagner les maîtres d’ouvrage et tous les intervenants impliqués dans ces opérations avec des ressources dédiées à la logistique des échanges de données et au suivi.
- Capitaliser les enseignements de ces projets pilotes et communiquer largement sur des supports variés (site, lettre eXpertise, presse régionale, enseignement,…).
Pour en savoir plus ou si vous souhaitez rejoindre le groupe Maîtrise d'ouvrage et exploitants,
contactez Bernard Ferriès ou Michel Léglise, animateurs.

