Les IFC, le format idéal d'échange et de coopération
En deux ans, les possibilités d’utilisation du standard IFC ont évolué rapidement et de façon significative. D’échanges compliquées et incomplets, nous sommes passés à des échanges simplifiées (mais pas encore simples) et plus efficaces. Tous les éditeurs ont fait évoluer leur produit respectif, et si le format IFC reste perfectible, le résultat est réel et tangible :
« On peut aujourd’hui vraiment échanger en 3D ! »
Grâce à la version 2x3, on peut enfin vraiment échanger en 2+3D, ce qui n’était pas le cas avec les versions antérieures et nous le démontrons avec notre étude.
Les IFC, c’est la capacité à transmettre de la sémantique : un mur “Archicad“ exporté en IFC est toujours un mur quand on l’a importé dans « Allplan » ou dans « Revit ». Sa forme et sa composition sont transmises sans perte ni déformation.
Composer le projet en 3D facilite le travail de l’architecte : avec les IFC, il pourra échanger l’intégralité des données de son projet et s’il l’a renseigné correctement au fur et à mesure des phases, il pourra facilement obtenir des simulations pour optimiser le calcul de la RT 2005.
Et ce qui est valable pour la thermique, l’est tout autant pour le calcul de charges, la simulation de sécurité incendie, le calcul de l’impact environnemental du bâtiment, …
Avec les IFC, il est nécessaire d’échanger par l’intermédiaire d’une
plateforme. En effet, la maquette virtuelle du collège de Vigny pèse 43
Mo et ne peut être aujourd’hui échangée que par ce moyen ou par une
adresse http spécifique.
À partir de cette maquette virtuelle, il est possible d’imprimer les plans des niveaux, les plans des élévations, les plans des coupes, les détails en 2D ou en 3D, de visionner la maquette et de tourner autour et dedans, de lancer une recherche à partir de l’arborescence du fichier, de sortir les métrés, …
Cela est également possible à partir de visualisateurs à télécharger gratuitement sur Internet comme nous le montrons dans cette étude.
Comment préparer le passage aux IFC et à quelles conditions ?
La formation (initiale et continue) est une action à mener à tous niveaux :
Pour tester ces avancées sur des cas réels, la création d’opérations pilotes incitatives semble nécessaire.
Il est important de pouvoir mener des opérations pilotes de petite
taille, réalisables, reproductibles dans différents contextes,
analysables, publiables. Les petits chantiers « simples » ont
l’avantage d’échapper à la réalité du travail des entreprises lors de
gros chantiers, qui est souvent assombrie de conflits et de
contentieux.
Les opérations pilotes permettent de diffuser une culture chez des
maîtres d’œuvre ou des entreprises.
Si les maîtres d’ouvrage en ont les moyens (financiers et politiques) ; les maîtres d’oeuvre en ont les clefs (concepteur et chef d’orchestre du projet) ; les fabricants en ont le moteur (les objets numériques de leurs systèmes industriels).
En conclusion, le « plus » des IFC doit être payé à sa juste valeur et donc la rémunération de l’équipe de maîtrise d’œuvre doit être ré-évaluée, ce qui incitera notamment les architectes à acquérir ces logiciels, à se former et à produire des maquettes virtuelles « exploitables » pour le maître d’ouvrage en charge du patrimoine. C’est donc dans une stratégie « gagnant-gagnant » qu’il faut engager « le pari durable » des IFC …

